« Boussole » de Mathias Enard

« Boussole » de Mathias Enard

 

« Boussole » de Mathias Enard, (prix Goncourt 2015)

Cette fois-ci, l’auteur ne nous parle ni de batailles, ni de rois et ni d’éléphants, il nous parle de l’Orient. Il nous parle de tous ces orientalistes des siècles passés : historiens, archéologues, musiciens, écrivains et poètes qui tombèrent amoureux de ces pays. Ce n’est pas vraiment un roman, pas un essai, pas une biographie, mais une sorte de compilation d’anecdotes de voyages. On visite Alep, Ankara, Bagdad, Damas, Téhéran et l’on passe la nuit à la belle étoile dans les ruines de Palmyre. On est envouté mais désespéré, car on réalise que tout cela n’est plus et, pis encore, que cela ne sera peut-être jamais plus. La guerre a tout balayé. Damas n’est plus fréquentable, Alep est en ruine, Raqqa est devenu la capitale de l’ Etat Islamique et ce qui reste de Palmyre se négocie à prix d’or sur le marché noir de l’Art . 

C’est un roman sans véritable intrigue, un homme malade, en proie à la fièvre, évoque les souvenirs de ses rencontres avec la femme qu’il aime. Une orientaliste comme lui avec qui il correspond. On y croise des centaines de personnages, de Balzac à Delacroix, de Nietzsche à Wagner en passant par Rimbaud, Nerval, Byron, mais aussi des centaines d’autres connus des seuls spécialistes comme : Germain, le compagnon de Rimbaud, Pessoa, Alvarez de Campos et des dizaines d’autres. Une bible pour un orientaliste, un livre d’une érudition foisonnante, un livre intéressant, mais que, honte à moi, j’ai trouvé un peu long.

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